Red is deaf. There will be blood. Ca va saigner. Vous êtes prévenus. Il ne faut pas parler du film, il ne faut rien raconter, tant il se suffit à lui même et tant dire un mot de plus pourrait gâcher votre plaisir de découverte. Ceci dit, ce n'est pas innocent si un des personnages clés du film est sourd. Paul Thomas Anderson a toujours, depuis Boogie Nights, joué avec les musiques et les sons pour installer l'ambiance particulière qui sied à ses films. A l'époque de l'inégalable Punch Drunk Love, il revendiquait d'ailleurs le travail de Tati en terme de jeu sur les sonorités. Sur la direction d'acteurs également avait on été tenté d'ajouter. Après avoir dans ce dernier film réinventé une façon de faire du cinéma après un trop classique Magnolia, il arrive ici au sommet de son art, durant lesquels des pans entiers de film ne sont pas dialogué. Il est difficile de comparer ce film à quoi que ce soit d'autre en terme d'intensité et de perfection, à part l'également chef d'oeuvre No Country for old men des frères Coen, qui, coïncidence ? se passait également dans les grands espaces de l'ouest américain - mais pas à la même époque. Evitant tout mélo, allant droit au but, le film tourne totalement autour du personnage de Daniel Day Lewis, présent dans chaque scène, chaque plan séquence (le film en recèle énormément, pas toujours décelable tant la tension développée grâce à la direction d'acteur peut vous faire oublier la mise en scène). A juste raison, son oscar du meilleur acteur est amplement mérité. A coté, Paul Dano est superbe d'ambigüité. Bref. Paul Thomas Anderson, meilleur metteur en scène de sa génération ?

There will be blood, de Paul Thomas Anderson, avec Daniel Day Lewis et Paul Dano, sortie en salles le 27 février 2008.