Siegfried Folies. Rendez-vous était pris. A l'annonce de la programmation de la saison 2007-2008, l'annonce de la venue du Siegfried de Wagner, volet peu représenté de la tétralogie de Wagner, n'était pas tombé dans l'oreille d'un sourd. C'est donc le coeur léger et le sourire aux lèvres que nous nous empressions de découvrir cet opéra méconnu, dont l'Opéra de Lyon avait pris le pari fou de programmer les 5h00 approximatives. Mais, dès les premières mesures, il nous fallut bien déchanter.

Orchestre déplorable et chanteurs éprouvants. Armé de 40 musiciens, c'est le chef Gérard Korsten qui s'attèle au grand oeuvre. Malheureusement, l'oeuvre de Wagner souffre mal d'être interprété en comité restreint dans la minuscule fosse de l'Opéra, et le chef entame sauvagement la pièce sans en rendre le lyrisme, la couleur, l'émotion. Car Wagner, requiert aussi, on a tendance à l'oublier, de grandes nuanciations dans l'interprétation pour éviter un certain effet pompier avec lequel ses opéras sont trop souvent représentés. Korsten échoue lamentablement, épaulé par des voies masculines et féminines constamment fausses et à contre temps. L'interprète de Siegfried arrive également, entre deux baillements, à nous tisser le portrait d'un Siegfried fât et niais, à contre-sens total de la partition. Un enfer. Seule la cantatrice arrivant dans le 3ème acte chante juste, en place, en rythme. Las ! Certains se plaignent de son timbre.
Une mise en scène essoufflée. Pire encore, alors que la mythologie Siegfriedienne peut laisser place à toutes les fantaisies fantastiques et qu'elle a engendré nombreux livres et films d'héroïc fantasy, à commencer par l'Å“uvre de Tolkien, la mise en scène de François Grirard se résume à déployer un décor déjà vu, sans même l'utiliser. Les interprètes, portant élégamment le pyjama blanc syndical, sont fixes, stoïques, inexpressifs ; la mise en scène inexistante et poussiéreuse. Seul le troisième acte montre un semblant de mise en scène, sans tomber dans l'inventivité folle dont on rêvait. Heureusement, les interventions involontairement risibles d'un pinson solitaire vienne dérider le spectateur furieux. Bref. 5h00 d'un ratage total, c'est long.

Siegfried de Wagner, Opéra de Lyon, jusqu'au 13 novembre 2007