Sans Sel ni Sarah... Il y a un vrai malentendu sur Judd Apatow et son écurie. Il y a 5 ans, son film 40 ans, toujours puceau épatait la critique (nous y compris) en mettant de coté les farces graveleuses à la American Pie pour décrire avec tendresse et humour la vie sexuelle d'un looser. Malheureusement, cette distanciation devint sa marque de fabrique et ses films s'éloignent de plus en plus de la comédie pour devenir des critiques de mœurs au mieux ratées, comme ici sur les premiers amours qui se terminent mal, au pire avec sous-entendu réac, comme avec En Cloques Mode d'emploi.

Rien ne va. Assister à une projection de Forgetting Sarah Marshall est ainsi le meilleur moyen de devenir dépressif, le meilleur du film figurant déjà dans la bande-annonce, parfaitement rythmée comme l'impose l'exercice, alors que le film, lui, ne trouvera jamais le tempo si important à la comédie. Pas forcément la faute au comédien, Jason Segel, qu'on adore dans How I met your mother et qui porte le projet (il a également écrit le scénario), mais plus à une réalisation platounette, sans point de vue ni fantaisie. L'histoire en elle même et les situations sont également plutôt banales. Bref. Si on veut rire un peu cette semaine, on préfèrera retourner voir Jackpot.

Sans Sarah, rien ne va (Forgetting Sarah Marshall, USA, 2007, avec Jason Segel, Kristen Bell, Russell Brand. Sortie en salles le 18 juin 2008.