Etonnant. C'est un film étonnant que Joe Wright (Orgueil et Préjugés, avec déjà Keira Knightley) nous propose de recevoir. Recevoir est le mot, tant l'obscurité de la mise en scène de la première partie du film peut laisser le spectateur dans l'attente, voire la déception. C'est quand le drame se noue que le film prend alors toute sa profondeur et son sens : une jeune fille voit sa cousine se faire violer. Choquée par des scènes entrevues plus tôt, elle désigne l'amant de sa soeur comme étant le coupable.

Inspirant. Il y a évidemment toute une réflexion très intelligente sur l'innocence du regard et de la perception dans le livre dont est tiré le film (Atonement de Ian McEwan). Le film verse alors dans le mélodrame intelligent, porté par des acteurs sans fautes (dont Romala Garai, repérée en 2006 à Hors-Ecran dans Inside i'm Dancing, puis en 2007 dans Angel de Ozon), pour finir par un épilogue un peu trop froid, qu'on aurait aimé plus développé. Le film aura certainement souffert de cette fin trop courte qui laisse finalement peu de place à l'émotion dont les grands mélodrames de ce genre ont besoin pour faire date. Mais la réalisation, la reconstitution, la force du thème suffisent pour faire de ce film un excellent exemple, stylé, d'adaptation littéraire anglaise.