13 mai. Après une cérémonie d'ouverture enlevée par Edouard Baer hier soir, le public du Grand Théâtre Lumière (et de plusieurs cinémas en France dont le Pathé Lyon Vaise) ont eu le droit de découvrir en avant-première le nouveau film Pixar, Up (La-haut). 10 premières minutes totalement magiques, une suite un peu plus (et trop) attendue, pour un divertissement familial ni malhonnête ni vraiment surprenant. On aurait pu attendre mieux pour un film qui semble vouloir traiter de façon poétique de la route vers le deuil. Il reste une valeur sûre pour cet été, d'autant que l'affiche (la maison du personnage principal s'envolant dans les airs), est très intrigante.

14 mai. Les choses sérieuses commencent. On retrouve quelques amis lyonnais dans les queues du festival (Petit Bulletin, GRAC, salles de cinéma diverses et respectées) et on fait une croix sur le Coppola : trop de monde, trop de queue, alors qu'à coté en sélection officielle, pas mal de films bien sympathiques sur le papiers.

-Je ne suis plus une fille maintenant. - Ca, je sais

fish_tank.jpgA commencer par le film qui a marqué tous les festivaliers, le magnifique Fish Tank, d'Andrea Arnold. Sur un sujet pourtant rebattu (l'éveil à la sensualité d'une jeune adolescente), la réalisatrice convie des putains de bons acteurs et une photographie magnifique pour capter avec justesse, originalité et émotion l'histoire de Mia et de ses premiers émois. Ca fait bien plaisir et réconcilie directement avec tout un pan du cinéma anglais qui a fait de la peinture sociale non un fond de réflexion mais un fond de commerce - on y reviendra.

victim.jpgPatrimoine. On a enchainé ensuite avec un détour pour la case Cannes Classics, sélection de films du patrimoine - puisqu'on va voir la naissance d'un nouveau festival à Lyon sur ce thême, autant se préparer. Mauvais choix, d'ailleurs, puisque si Victim de Basil Dearden, est un film méconnu dans lequel joue Dirk Bogarde, c'est qu'il y a des vraies raisons : dialogues didactiques à la Plus belle la Vie (mais tu sais, les homos sont des hommes comme nous, finalement), lumières chiadées mais bien trop signifiantes, acteurs très faibles et réalisations parfois à la ramasse (quelques zooms dans l'image sont très visibles et très moches). Bref- on évitera soigneusement le film lors de sa diffusion en salles ou à l'Institut, car seules les 10 premières minutes là encore peuvent montrer un quelconque intérêt autre qu'historique (Victim est présenté comme le premier film de l'histoire du cinéma britannique a avoir traité de front le problème de l'homosexualité).

airdoll.jpgUn certain Regard. On a vite couru voir le Air Doll de Hirokazu Kore-Eda (le réalisateur de Still Walking et Nobody Knows), mais le soufflé (et la poupée) manquait un peu d'air et est vite retombé. Dans ce film, une poupée gonflable prend vie et découvre l'existence, l'amour, et la solitude. Si le langage cinématographique est parfaitement maitrisé et chaque plan techniquement parfait, on reste pourtant les bars ballants sur la lourdeur du propos et du montage, alors que le film avait tout le matériel pour devenir une comédie légère et joyeusement critique sur la vie sociale japonaise. Reste quelques scènes intéressantes... mais empruntées à des films comme L'Empire des sens pour le coté sado-maso. Dommage... une belle déception et un vrai ratage.

Bonne nouvelle, cependant. Le festival s'ouvre sur des films couillus, sensuels, voire sexuels. L'occasion de confirmer à l'intérieur du Palais des Festivals de Cannes la chaleur qui règne à l'extérieur ?

A suivre