Lion dort. Que faire avec un Lion d'or à Venise qui vous tombe des yeux ? Proposer à ses amis d'aller voir le film afin qu'ils parviennent à nous faire ouvrir les yeux, ou au contraire le déconseiller ? Il y a un gros problème avec Lust, Caution. Cinéaste du non-dit, Ang Lee transforme ce travers déjà très énnervant dans Brokeback Mountain en un systématisme forcément décourageant dans le cas d'un film historique. On ne comprend rien non seulement à la trame historique, mais aussi aux motivations des personnages. Pire, il ne se passe rien pendant 75 minutes, et l'actrice principale joue le désir comme jouerait Clara Morgane filmée par Claude Chabrol. Une catastrophe. Quant aux scènes de cul prétendument sulfureuses, elles laissent un arrière gout de moisi tellement elles ne supportent la comparaison ni avec Oshima, ni avec Bertolucci. Ajoutons y l'inexistence de réflexion sur l'actorat, alors que le sujet s'y prêtait, que Verhoeven faisait mieux et plus fort il y a un peu plus d'un an avec Black Book, et on sera prêt à pencher pour la solution qui est de rester chez soi plutôt qu'apporter du crédit à un film finalement prévisible. Un gros dommage.

Lust, caution (Se, jie, USA-Chine, 2007) de Ang Lee, avec Tony Leung. Sortie le 19 janvier 2008.