La ronde d'ennui
Par Lug Cinéma, dimanche 2 mars 2008 à 14:17 :: Cinéma :: #91 :: rss

Quand me vient l'eau à la bouche. Si il y avait bien un film attendu par les afficionados du cinéma d'auteur, c'était bien celui là . La ronde de nuit, de Peter Greenaway. Greenaway, peintre qui réalise des films (ou réalisateur qui peint ?), s'attaquant à une représentation de Rembrandt à travers la période troublée de sa vie durant laquelle il peignit un de ses plus beaux tableaux et des plus mystérieux, La ronde de nuit. Si Greenaway était en petite forme depuis ce chef d'oeuvre mésestimé qu'est The Pillow Book, il n'en restait pas moins un des réalisateurs les plus graphiques.
Farouche. Malheureusement, la désillusion arrive vite et le film ne se laisse pas apprivoiser facilement. Si chacun des plans est ultra composé comme un tableau de Rembrandt, remplis d'arrières plans, de points de fuites et d'anamorphoses, le reste du matériel filmique est pauvre. D'ailleurs, choix surprenant, le film est tourné en HD, ce qui rend couleurs et lumières plutôt verdâtres pour décrire le travail d'un peintre qui n'en utilisait que peu dans ses tableaux. L'histoire en elle même n'avance guère et on peut rêver de ce que le film aurait gagné en efficacité si il n'avait été qu'un moyen métrage. Hélas, il dure plus de deux heures. Sidérale ment ennuyés par un scénario finalement peu engageant, les spectateurs n'ont même plus le courage de se faire happer par la magie de certains plans séquences. De plus, le film n'apporte finalement sur le tableau titre qu'un éclairage partiel et partial, biens moins intéressant que ne l'aurait été un numéro du magazine Palettes à la télévision. Un grand film raté, donc. dommage.
La ronde de nuit de Peter Greenaway (Nightwatchers, Canada/Europe, 2007) , avec Martin Freeman. Sortie en salles le 28 février 2008.






















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