Jason. Pour comprendre Juno, le film, il faut peut être étudier son arbre généalogique. Son père est Jason Reitman, auteur du très cynique mais finalement sympathique Thank you for smoking, et fils de Ivan Reitman, faiseur hollywoodien. Sa mère est Diablo Cody, strip-teaseuse, bloggeuse, remarquée sur la toile pour son écriture arty et son état d'esprit par Hollywood. De ce mélange mi-indy, mi-hollywood, s'est construit un film un peu bâtard, comme les enfants de Jupiter. Juno, c'est avant tout des portraits de femme, forcément. La jeune ado perturbée enceinte, la belle mère inconsistante, la yuppie carririste jusque dans sa propre vie personnelle. Curieusement, point de cynisme ici, et le regard trop tendre porté par la scénariste n'arrive jamais à placer vraiment un point de vue sur les personnages ou sur ce qui semble être le sujet du film - la féminité dans la classe moyenne américaine.

Ellen. Reste Ellen Page comme toujours formidable dans son troisième grand rôle (après Hard Candy et l'encore inédit Mouth to Mouth diffusé en 2006 à Hors-Ecran). Au moment où on s'enthousiasme pour Emile Hirsch, elle pourrait bien, par son jeu intelligent et profond et ses choix de carrière toujours ambitieux, devenir, grâce à ses nominations un peu partout cette année, devenir LA jeune espoir du cinéma indépendant coté féminin. Et c'est peut être ça la plus belle victoire du film : offrir à Juno sa meilleure interprète possible.

Juno de Jason Reitman (USA, 2007), avec Ellen Page, Michael Cera, Jennifer Garner, sortie en salles le 6 février 2008