Dark Water
Par Lug Cinéma, mercredi 20 juin 2007 à 11:14 :: Cinéma :: #20 :: rss

Dahlia et sa fille Ceci emménagent dans un nouvel appartement. mais bientôt ; traces d’eau, bruits incongrus et apparitions étranges semblent révéler une présence surnaturelle...
Le film pourrait être un cas d’étude pour toute première approche ultra simplifiée du signifiant au cinéma. Comme dans tout film sur la psychologie, script et réalisation jouent sur les apparences. Il existe de ce film deux niveaux de lecture. Premier film, une enquête policière sur la disparition d’une fillette, mâtinée de fantastique. Les histoires de fantômes se trouvent effectivement les plus à mêmes d’appuyer un discours sur les apparences, relayés également par les jeux de costumes entre les différents personnages, les photos prises par l’avocat, les plans de situation mettant en jeu la ville elle-même, mais aussi une structure cyclique à la fois dans l’histoire et dans les personnages.
Le deuxième film réside dans la description particulière des relations entre une mère et sa fille, relation toujours mystérieuse aux yeux des hommes, et donc aux yeux de Walter Salles. Dans quelle mesure reproduit-on le schéma parental ? Comment sait-on si on est un bon parent ? Autant de questions auxquelles chaque père et mère aimeraient trouver une réponse, et que Salles prend ici le temps de poser. Un peu trop. Délaissant l’intrigue principale pour trop de psychologie, le film souffre d’un manque de rythme déjà flagrant dans l’épisode original. Mais ce qui pouvait être expliqué par un sens de la temporalité radicalement différent entre cultures japonaises et occidentales n’est plus valable, et Salles ralentit encore le récit. C’est dommage, car dès lors, toute approche du fantastique devient incongrue et le film alors bâtard n’arrive pas à lier convenablement les deux récits.
D’autant plus qu’une troisième lecture apparait en filigrane à la toute fin du film (ne lisez pas ces lignes) : et si toute cette histoire n’était uniquement ce que la petite fille s’est imaginé pour expliquer les migraines et la mort soudaine de sa mère (qui pourraient finalement être imputées non pas à un fantôme, mais à un simple anévrisme cérébral) ? Cette hypothèse intéressante est malheureusement balayée par l’échec du film à apeurer et émouvoir. Le choix de Walter Salles, cinéaste intimiste (Central do Brasil, Carnets de voyages), était excitant sur le papier. Il se sera révélé moins réaliste à l’épreuve de la vision. Dommage.
Dark Water (W.Salles, 2005, USA)






















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