Le projet Blair xargh. On a déjà beaucoup entendu dire sur Cloverfield. Buzz de l'année, succès au box office américain, film basé sur un concept... Beaucoup, sauf l'essentiel : Cloverfield est un grand film. Grand, parce qu'en une heure trente toutes simples, il croque, en utilisant les références d'une génération ultra-gadgetisée, les péripéties d'une brochette de jeunes gens typiques de la cible même du film. Objet de mode, bien sûr, avec force effets spéciaux, acteurs beaux gosses, grands sentiments, grands frissons. Mais objet de réflexion aussi, sur la communication dans l'après 11 septembre. C'est quand le téléphone est en panne, quand on n'entend plus un bruit, que l'angoisse monte pour soi ou ses proches. Et c'est cette peur de l'absence, ce besoin de communication qui va non seulement guider les pas des héros, mais aussi expliquer et rendre crédible le dispositif en place ; avec les limites qui lui sont dues : les codes utilisés et l'instantanéité des situations feront que le film échappera peut être aux générations supérieures. On est donc non seulement dans le survival ultra-divertissant, mais aussi dans le film théorique pur dans lequel le fond rejoint la forme. Et ca fait bien longtemps que ca ne nous avait pas fait autant plaisir.

Cloverfield, de Matt Reeves (USA, 2007), sortie le 6 février 2008.