Blackbird
Par Lug Cinéma, jeudi 8 mai 2008 à 22:25 :: Théatre :: #94 :: rss

Oiseau de mauvais augure. C'est une pièce à la Chet Baker. Indéniablement. Pour écrire dessus, d'ailleurs, Alone together en fond sonore, je recommande. Deux personnages, c'est tout, suffisent à hanter l'heure trente de cette pièce dense à la mécanique locutrice précise. Un blues indicible. deux personnages paumés par ce qui s'est passé entre eux, quelques années avant. ca aurait pu être un simple et bel amour. C'était un amour pédophile, avec tout le glauque et la manipulation spirituelle (autant envers la gamine qu'envers lui même) que l'homme a pu y mettre. La pièce répond à la simple question : Et après ? Quels souvenirs ? Quels avenirs ? Un point de vue intéressant, servi par un texte impeccablement hésitant, car ce n'est pas à choquer qu'il cherche, ni à écrire sur la pédophilie, mais sur un cas, sur une histoire particulière, celle là , celle de ces deux là .
Cet amour là . Et ces deux là , qui de mieux qu'eux pouvaient les interpréter que Maurice Bénichou et Léa Drucker ? Lui, tout en violence contenue, retenue, explosive, elle, en provocation et en désespoir... Pas de mise en scène, peu d'artifices (à part une bien trop grosse poubelle et une faille ridicule au milieu du décor), le strict minimum pour que ces deux là , sous nos yeux, fassent vivre ce drame, fassent ressentir l'indicible. Un moment intense, presque trop pur pour un tel sujet. une vraie réussite. Léa Drucker a co-traduit, avec Zabou Breitman, la pièce. Histoire d'en faire encore plus.
LM
Blackbird, Théatre des Célestins, Lyon, jusqu'au 24 mai 2008.






















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