Tragédie. Bérénice est une pièce assez particulière pour Racine. Très courte, en vers et en quatre mouvements, elle est centrée sur la relation entre Bérénice (Marie-Sophie Ferdane) et Titus (Patrick Catalifo), au moment où celui-ci devient empereur et doit abandonner sa maîtresse Bérénice, reine grecque dont les citoyens romains se défient. Pièce sur la liberté et le libre de choix, sur l'asservissement des maitres comme des esclaves, elle peut aussi être, quand elle est incomprise et mal interprétée par son metteur en scène, d'un ennui appuyé, tant l'action est répétitive. C'est le problème de cette mise en scène là.
Tragique. On passera sur la légèreté métaphorique des gouttes d'eau tombant du plafond et le jeu carrément en dessous de certains acteurs (Hammous Graïa), mais on ne pardonnera pas l'absence totale de lecture de la pièce, qui fait qu'on assiste uniquement à des joutes verbales vites gonflantes entre les protagonistes, ni la non direction des acteurs, dont le jeu devient alors totalement hétérogène. Pour une Ferdane presque parfaite et bouleversante (quelle grande commédienne !) qui donne à chaque vers et son sens et sa beauté, pour un catalifo à quelques éclairs de jeu lumineux, le voyage vaudrait presque le coup. Mais c'est bien peu.

Bérénice de Racine, MS Jean-Louis Martinelli, jusqu'au 16 mais 2008, Théâtre des Célestins, Lyon.