A Lyon, des festivals sont en train de mourir
Par Lug Cinéma, lundi 16 juin 2008 à 15:32 :: La polémique :: #106 :: rss
Tribune parue dans Tribune de Lyon du 29 mai 2008.
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Tribune de Lyon'' interrogeait récemment le rôle de l’Institut Lumière à Lyon au cours d’un entretien avec son directeur. Afin d’éviter tout lissage du débat, il convient de rappeler ici certains enjeux actuels du cinéma dans notre ville.
Vous le souligniez, la situation politique n’a jamais été aussi favorable. Elle a par le passé été un handicap. Le statut de Ville Natale du Cinéma conférait un impact écrasant à chaque décision en matière de cinéma. Ce qui freinait les prises de position, et les restreignit à la solution de facilité : soutien majoritaire (en terme de budget) à l’Institut.
La situation politique, donc, n’a jamais été aussi favorable. Mais c’est un retard de dix années qu’il faut rattraper. Des festivals reconnus sur la scène internationale sont en train de mourir, d’autres ont fui ; des salles de cinéma sont sous-équipées, ont un équilibre financier précaire, ou ont déjà disparu. L’arrivée des standards numériques perturbe aussi la filière : 30 000 euros sont nécessaires pour équiper chaque écran d’un nouveau système bientôt majoritaire. Sans oublier l’inexistence de résidences d’artistes, cartes blanches et actions en milieu scolaire. Le cinéma reste une filière professionnelle et économique sous-exploitée.
Or, le cinéma à Lyon, c’est 80 000 spectateurs par semaine... 4 millions par an. Quel loisir peut s’enorgueillir d’être plus populaire ? Le désengagement de l’Etat est connu. Jeanne Moreau, durant la cérémonie des Césars, déclarait : «Ce qui m’inquiète beaucoup, c’est que certaines mesures gouvernementales risquent de nous affaiblir parce que les subventions diminuent de plus en plus pour les festivals, pour des cinémas indépendants, des cinémas de proximité (…). Et je n’aimerais pas qu’on touche à l’exception culturelle française. » Ne faut-il pas réfléchir à un moyen local d’accompagner une filière qui touche toutes les générations et toutes les catégories sociales, afin de limiter par exemple l’inflation du prix des places ? Les solutions existent. Lyon n’est-il pas le lieu emblématique pour défendre cette exception en dépassant tout clivage ?
Lug Cinéma a été créée dans le but d’animer la vie cinématographique lyonnaise. C’est nous, ne touchant aucune subvention publique, qui avons pris le pari de créer Hors-Ecran, à présent identifié comme « le » Festival International du Film de Lyon et qui fêtera cette année son 10 000ème spectateur. Et c’est à nous que les structures viennent demander l’aide qu’elles n’obtiennent pas par ailleurs ! Ainsi soutenons-nous en 2008 le Festival International du Zombie, fête populaire autour du cinéma de genre. Parce qu’il est nécessaire et légitime de maintenir une animation perpétuelle autour du cinéma, de proposer, d’inventer, bref, de faire vivre cet art au sein de sa ville natale !
Bien sûr, nous nous réjouissons de l’annonce d’un événement créé par la structure Lumière. Mais il est aussi temps de penser la politique artistique, culturelle et économique du cinéma à Lyon. Les spectateurs ont conscience de ces enjeux et ne sauront se contenter d’une simple vitrine. Nous amenons pour notre part nos réflexions auprès des élus, dans la volonté de travailler sur ce sujet avec eux, comme avec les partenaires privés. Reste, bien sûr, à attendre les actes.





















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