Before the Devil Knows you're dead de Sidney Lumet, avec Ethan Hawke, Philipp Seymour Hoffman, Marisa Tomei. Sortie le 28 septembre.

Noir, c'est noir. C'est suffisamment rare pour être signalé en ces temps de vache maigre pour les cinéphiles, ce film est un chef d'oeuvre. Vous allez avoir la chance de découvrir, sur format numérique et en VO non sous-titrée, un film d'une rare simplicité et d'une pure beauté. Beauté des plans, bien sûr, mais aussi pureté de la mise en scène. Une direction d'acteur sans faille, bouleversante, mettant à profit une histoire forte, sans concession, aux personnages forts et aux situations osées.


Un grand homme. L'histoire de deux frères braquant une bijouterie qui tourne au drame aurait, chez bien des cinéastes, tourné à l'affrontement violent, à la surenchère d'effet, et au pathos clichissime. Mais si il doit bien y avoir un héros dans cette histoire qui n'en a pas, c'est bien Lumet qui, à partir d'un scénario finement écrit de l'auteur de théâtre Kelly Masterson (à suivre de très près, car c'est son premier scénario), choisit de livrer un film réfléchi et impeccable. A travers la déconstruction d'un récit dramatique, il impose une maitrise de mise en scène hallucinante à travers la quelle la violence surgit de façon totalement inattendu, telle un électrochoc, et ce, sans effet superflu. Et, si son film est d'une noirceur absolue, cette noirceur ne prend jamais pas sur la photo lumineuse du film, comme pour narguer ses confrères en exprimant que tout ne tient pas dans l'atmosphère.


Les acteurs d'abord. Les acteurs sont les premiers à en profiter. Seymour Hoffman livre une prestation trouble mais jamais trop poussé, et Hawk dévoile la justesse de son jeu comme il a trop peu souvent l'occasion de le faire. Les seconds rôles ne sont pas en reste, et on aimerait voir le film crouler sous les récompenses dans les festivals et les remises de prix de débuts d'année.

C'est inévitablement LE film de la rentrée.