Avec Christina Ricci.

Elly travaille à la télé. Elle élève seule son frère, Jimmy, et sort avec le très convoité Jack. Leur chien est gentil. Mais bon, un loup garou s’en mèle, et le chien devient méchant. Et eux peut-être aussi...

Coupons court aux rumeurs : Craven et Williamson ne se livrent pas ici au jeu de massacre réjouissant de Scream ; on est loin du scénario brillant qui avait permis, à travers un second degré constant et une tension continue, de livrer un des meilleurs films des années 90. Précisons également que pour des raisons de divergence artistique entre producteurs (les frères Weinstein), réalisateur, scénariste et acteurs, le film a dû retourner se faire filmer et monter une deuxième fois, certains personnage disparaissant complètement de l’histoire.

Cette dernière duplicité s’en ressent. Le film se retrouve pris constamment entre pop-corn movie et volonté introspective proche des meilleurs Craven (La colline a des yeux, Shocker, Les griffes de la nuit...). Le problème, c’est que l’équilibre est largement en faveur du film popcorn, et que les nombreux arguments à peu près intéressants dont Craven aurait en son temps su tirer profit (thème de la famille, culte de la plastique et de la force, sexualité latente, métaphore du Sida, de la transformation adolescente...) sont noyés dans un scénario malheureusement indigeste, et une réalisation très sitcom (tiens, d’ailleurs, là, c’est pas le collège de Buffy dans les deux premières saisons ?)

Quant aux attaques du loup-garou (au faible nombre de trois), elles son ratées : animatiques cheap, et images de synthèse manquant tellement de relief qu’on en vient à regretter Shreck.

Reste une Christina Ricci comme d’habitude excellente (il faut la voir humer l’air à la recherche dune odeur agréable) et une très bonne (mais c’est bien peu) scène de terreur dans un parking.

On ressort de ce film déçu par l’attente suscitée à la fois par un film de Craven et par ce projet. Et on se prend à rêver de ce qu’aurait été ce film s’il avait été écrit seul par Craven, et réalisé il y a 20 ans, quand le peu de moyen le forçait à une imagination bienvenue qui manque malheureusement à Cursed. Un film aussi plat qu’il était attendu.

Cursed (W. Craven, USA, 2003)