9 songs
Par Lug Cinéma, vendredi 15 juin 2007 à 22:21 :: Cinéma :: #13 :: rss

A la différence du moralisateur Clean d’Olivier Assayas, le plus grand mérite de ce film, c’est sa simplicité, son manque d’ambition diront certains. Reprenant la même formule (sexe, drugs&rock’n roll), 9songs affiche clairement et simplement son projet : neufs morceaux de rock loins, très loins du clip ; 69 minutes de la vie d’un jeune couple d’aujourd’hui, sans fard ni ostension. Choquant, 9songs ne l’est qu’à condition de trouver la vie choquante. La représentation crue du sexe n’y est pas celle provocatrice de Baise moi ou de Jane Campion, mais celle d’un « naturalisme » quasi documentaire. Comme Eternal Sunshine of the Spotless mind montrait l’amour tel qu’il est, et non tel qu’il devrait être (films d’amour Hollywoodiens), 9songs montre le sexe tel qu’il est et non tel qu’il devrait être (films pornos). 9songs est réussi en cela qu’il réalise correctement son projet, aussi discutable soit son ambition. Les images de la calotte glacière viennent saupoudrer le film d’une poésie simple et directe. Le protagoniste y remonte le temps gelé de l’humanité et de sa propre vie, dans un espace ou se mêlent les plus antinomiques sensations : agoraphobie et claustrophobie. Ici les corps n’ont plus les mêmes rapports.
9songs démontre que le sexe au cinéma peut être extrêmement cru sans être vulgaire ni choquant, mais presque touchant, attendrissant. Le numérique sans le Dogme et filmé autrement qu’avec les pieds ; vous n’aurez pas la nausée, c’est garanti. La seule question : fallait il encore un film pour démontrer tout cela ? A vous de voir.
Fabien Blanchon
9 Songs (Michael Winterbottom, USA, 2004) - sortie salle le 2 mars 2005





















Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.