Deux pour le prix de deux. C'est un joli coup éditorial que s'offre Dargaud pour la fin d'une de ses séries phares, la série XIII, scénarisée par Van Hamme (l'homme aux scénarios d'or), et dessinée par Vance. Série vendue à des millions d'exemplaires et qui a su séduire un lectorat très vaste et fidèle (les femmes autant que les hommes), 13 est un vrai feuilleton entre l'oeuvre de Ludlum et sitcom policière.

Le problème, c'est qu'on se laisse facilement prendre au jeu et qu'on devient vite mordu. C'est donc un peu la mort dans l'âme qu'on ouvre les deux derniers volumes de la série. Allez, avouons-le, on commence même par ''Le Dernier Round'', pour connaitre le fin mot de l'histoire. Mal nous en prit ; on revient vite fait à La version irlandaise tant les deux volumes ne sauraient être séparés. L'un comme l'autre se complètent. Bref, vous l'aurez compris, le "coup" est doublé d'un réel souci éditorial pour faciliter au lecteur la compréhension du passé tortueux du héros fétiche.

Le Tome 19, dessiné par le dessinateur historique de la série, peut demander d'ailleurs une relecture de la série pour bien saisir les tenants et aboutissants des derniers rebondissements. Malgré un problème de fluidité sur la planche 40, l'ensemble est évidement captivant pour tout fan de la série, et on revoit avec plaisir les grandes "gueules" de la série.

Le Tome 18, quant à lui, est la bonne surprise. Il ne s'agit en rien d'un album "accessoire", mais au contraire d'un des albums les plus intéressants graphiquement et scénaristiquement de la série. Respectant l'esprit et les personnages de XIII mais écrivant une histoire plus profonde, Van Hamme se surpasse. Et livre un tome indépendant de la série que les néophytes gouteront avec plaisir avant de se plonger dans les méandres de l'intégrale. Quant au dessin de Giraud, mythique dessinateur de Blueberry, il est atmosphérique, délicat, et convient parfaitement à l'illustration du sombre destin d'un certain Brian O'Neill. On pense, parfois, aux meilleurs planches de Tardi.

Bref, deux albums indispensables, l'un pour clore une des mythologies les plus ambitieuses de ces 20 dernières années, l'autre pour sa singularité et sa beauté crépusculaire. Un régal.

La Version Irlandaise (Van Hamme/Giraud, XIII Vol.18) et Le Dernier Round (Van Hamme/Vance, XIII Vol.19, Dargaud )